socio
Organisation du travail
Travail rémunéré
La rémunération de la vie étudiante : quel travail pour quel objectif ?
Il faut savoir que les premières années de Licence sont « lourdes », tant au niveau des horaires que des contenus de formation. Le temps d’adaptation et de mise en place doit également être pris en compte. Plus concrètement, cette mise en garde signifie que la pratique d’un travail à mi-temps de 20 heures par semaine est souvent difficile, en tout cas dès la première année. Différentes bourses peuvent être sollicitées auprès des services sociaux de vos universités, qui peuvent d’ailleurs non seulement vous conseiller pour l’obtention d’aides universitaires, mais également vous orienter vers d’autres services sociaux, par exemple ceux des mairies.
Si toutefois ces aides demeurent insuffisantes, privilégiez un travail pendant le week-end, notamment le dimanche où la rémunération est la plus forte. L’important est de trouver un travail aux horaires relativement modulables, et dont la pénibilité n’est pas trop forte. Il faut à tout prix préserver un maximum d’énergie pour se consacrer à ce qui reste votre but : les études. Le surcroît de fatigue est responsable, à la longue, du désinvestissement et de l’absentéisme qui sont les principaux facteurs d’échec à l’université. Évitez par exemple le travail de nuit, la restauration rapide ou encore les emplois de livreurs, au profit si possible d’emplois souvent plus faciles, et parfois plus avantageux, comme les emplois d’agents ou d’hôtesses d’accueil, ou d’ouvreurs dans les théâtres.
Outre la prise en compte de la pénibilité, il est déconseillé de souscrire à des emplois dont la rémunération est aléatoire, comme les cours particuliers où vos élèves partent en vacances, en week-end, tombent malades, ou peuvent décommander au dernier moment. En outre, les entreprises de soutien scolaire (Acadomia, Complétude, Profadom…) recrutent uniquement à BAC + 3. Un emploi qui vous garantit un revenu stable par mois est donc à privilégier, quand bien même la rémunération est de prime abord inférieure à celle que vous permettraient d’espérer d’autres types d’emplois. Pensez par exemple à l’assistance aux sorties d’école ou à l’aide aux devoirs pour des enfants du primaire, dans le cadre d’associations ou de sociétés fournissant ce type de services, Dans le même ordre d’idées, à raison de quelques heures par semaine, l’aide à domicile pour les personnes âgées est un travail possible. Il ne faut pas perdre de vue que ces activités sont complémentaires et qu’elles doivent être une motivation supplémentaire pour réussir ses études. Elles doivent donc être des activités aisées à gérées, à la fois pour le temps qu’elles vous prennent et pour le budget stable qu’elles vous permettent de dégager par mois. Quoi qu’il arrive, il faut éviter à tout prix de sacrifier son devoir d’étudiant. Par exemple, si l’assiduité n’est pas exigée lors des cours magistraux, elle n’en est pas moins essentielle tant la lecture de notes de seconde main ne peuvent jamais se substituer à l’écoute et à la compréhension d’un cours.
Le travail salarié n’est donc pas incompatible avec la réussite universitaire, mais il exige davantage d’organisation. Repenser son planning à l’intérieur de cette configuration, configuration à chaque fois singulière selon le programme et le nombre d’heures de cours par semaine, le type de travail, selon que l’on soit plus efficace le matin ou le soir. Car s’il est difficile de définir un temps de travail moyen, de calculer la quantité idéale d’heures de travail, le maître mot de la réussite est peut-être celui d’efficacité.
Tous les + pour réussir :
L'auteur
Agrégé de philosophie, Geoffroy Lauvau est ATER à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) et membre de l'Observatoire européen des politiques universitaires (OEPU).
Spécialisé en philosophie politique et éthique, il achève actuellement un doctorat qui réfléchit à la confrontation entre la rationalité économique et la logique d'organisation de l'institution universitaire.

