socio

Organisation du travail

Astuces de travail

Quelques astuces de travail : les cours, les fiches, et les aides.

 

Corrélée à la question de la temporalité universitaire, et au problème de la régularité dans le travail, se pose la question de l’organisation du travail lui-même, une fois défini le temps de travail. Les exercices validés en contrôle continu et les examens semestriels nécessitent une responsabilisation, une autodiscipline. Le meilleur moyen de satisfaire à cet exercice de responsabilisation est de vous obliger, dans les quelques heures de travail quotidiennes, à travailler sur le contenu des cours afin de les assimiler progressivement. Il faut également mettre au point des programmes de travail précis et réalistes (un emploi du temps informatisé peut s’avérer très utile) et s’astreindre à les respecter. Le temps ainsi dégagé sert non seulement à relire régulièrement vos cours, mais à les assimiler en les fichant, en les approfondissant et en les mettant en pratique.


Pour parvenir à ficher un cours, il faut que la chose à ficher soit facile d’utilisation. Il faut donc que la prise de notes ait été efficace. Or vous n’y êtes qu’à de rares exceptions préparés, puisque l’enseignement au lycée se fait pratiquement sous la dictée. Aussi brillants que soient les professeurs universitaires dont vous souhaiteriez consigner la prose, ou simplement parce que la nouveauté des programmes, des notions ou des termes utilisés est intimidante, il faut cependant garder à l’esprit que les notes servent à retenir l’essentiel du cours. Faire le tri entre ce qui est essentiel ou pas exige une distance que permet uniquement la compréhension du cours. Dans le cas contraire, et pour sauver ce que l’on ne comprend pas (encore), il existe un certain nombre d’astuces. On peut, surtout lorsque la structure du raisonnement est importante, s’appuyer sur les connecteurs temporels (en premier lieu, ensuite, enfin...), ou logiques (d’une part, d’autre part…), pour organiser le propos et le matérialiser sur la feuille. Choisissez une présentation aérée pour compléter ultérieurement les références données pendant le cours, les citations, et numérotez les pages. Pour pallier la vitesse de parole, utilisez des symboles ou des signes mathématiques ( : philosophie /  : psychanalyse / ≠, &…). Pensez à vous créer un système personnel d’abréviations, ou utilisez les plus courantes (tjs : toujours/ cad : c’est à-dire/ sc. : science…). Ficher un cours, ou synthétiser un TD, devient dès lors un exercice facile, si vous prenez toutefois le temps de le faire immédiatement après l’avoir suivi. C’est un exercice beaucoup plus long et quasiment impossible si vous laissez passer plusieurs semaines.
De même, approfondir les cours ne peut se faire au hasard : les bibliographies ou les indications de lecture ponctuelles que donnent les enseignants ne sont pas à prendre à la légère : elles existent pour créer un réseau de sens autour du contenu qui vous est transmis. Bien sûr, il ne faut pas se noyer, et sortir d’une première semaine de cours avec un programme de travail qui vous conduirait à tout lire et vouloir tout savoir. L’intelligence du tri à faire vous viendra au fur et à mesure de la réalisation des cours. Il faut être utilitariste, au sens où il ne faut mobiliser de connaissances, approfondir des lectures, et éventuellement compléter un cours, qu’à la condition que ce soit la lecture du cours qui vous y invite. L’approfondissement du cours doit donc être conçu en interaction avec le cours lui-même. Il est une boucle qui permet d’affermir ce cours, et vous engage éventuellement à poser des questions au prochain cours, ce qui vous évite par ailleurs qu’elles ne surgissent douloureusement la veille des examens.
Enfin, dans le même ordre d’idée, il est indispensable de mettre en pratique cours et TD. Dans chacune des disciplines, vous serez évalués en fonction d’exigences spécifiques. Mais rien ne vous empêche de devancer l’appel, et de vous exercer par avance. Aucun enseignant de TD ne vous refusera une correction supplémentaire, sauf à lui remettre un travail de 200 pages chaque semaine ! Les témoignages de la plupart des enseignants convergent d’ailleurs pour constater la faiblesse de cet investissement personnel, et la difficulté, par exemple, à trouver des volontaires pour des exercices oraux. Or il semble absurde de penser réussir à des examens pour lesquels vous n’êtes pas encore sûrs de maîtriser la méthode, ou même le degré d’exigence propre à l’année dans laquelle vous êtes. On ne saurait trop insister sur le fait que chaque année du cycle Licence est d’un degré de difficulté supérieur. Ne croyez donc pas que ce qui a pu être opératoire, et vous rapporter des notes suffisantes dans une année, soit nécessairement parfaitement adapté à l’année qui suit, notamment parce que la notation est en partie relative, et que le public de première année n’est pas celui de la deuxième (après une sélection assez forte), ni celui de la troisième (avec l’arrivée plus ou moins massive, dans la plupart des disciplines de sciences humaines, d’étudiants venant de classes préparatoires).
La mise en place d’une méthode personnelle de travail est donc indispensable, et seul cet investissement fait la différence lors des oraux ou des examens.

À cet égard, « personnelle » n’est pas nécessairement « solitaire ». Au contraire, le travail en groupe, en plus d’une répartition souvent utile des tâches (pour ficher certains ouvrages, il vaut mieux réunir les lectures approfondies de chacun, qu’une lecture hâtive de l’ensemble du programme), favorise l’émulation et permet également d’apprendre à argumenter. Le dialogue, en effet, permet de reformuler, de s’approprier plus rapidement le contenu des savoirs, de confronter les arguments et les points de vue. En outre, il est possible de solliciter les « tuteurs », eux mêmes étudiants, de L3 ou de Master, dont l’expérience est toujours utile. Ils vous aideront aussi bien pour des problèmes de méthodologie, d’organisation du travail, que pour les difficultés d’expression écrite ou orale, ou encore pour l’élaboration de votre projet professionnel. L’avantage est de bénéficier de conseils individualisés (les tuteurs pouvant vous aider tout au long de l’année) par des étudiants qui sont passés par les mêmes difficultés.

Tous les + pour réussir :

L'auteur

Geoffroy Lauvau

 

Agrégé de philosophie, Geoffroy Lauvau est ATER à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) et membre de l'Observatoire européen des politiques universitaires (OEPU).
Spécialisé en philosophie politique et éthique, il achève actuellement un doctorat qui réfléchit à la confrontation entre la rationalité économique et la logique d'organisation de l'institution universitaire.