philo

Philosophie politique XIXe - XXe siècles

4 questions à l'auteur

Propos de Guillaume Sibertin-Blanc

 

Pourquoi, pour qui, avez-vous écrit ce livre ?


Philosophie politique. XIXe-XXe siècle est un livre avant tout destiné aux étudiants en licence qui doivent en quelques années parfaire leur savoir dans ce champ divers et vaste de la réflexion philosophique qu’est la philosophie politique. Ils auront l’occasion, au cours de leur formation, de découvrir ou d’approfondir leur connaissance des grandes traditions de la pensée politique, depuis Platon et Aristote jusqu’aux théoriciens classiques tels John Locke, Thomas Hobbes ou Jean-Jacques Rousseau : nous leur proposons dans cet ouvrage d’entrer dans une autre séquence, plus proche de nous historiquement (ce qui ne signifie évidemment pas que les précédentes perdent de leur intérêt !) : celle qui s’ouvre au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle avec les révolutions américaine et française, la période de guerre et d’instabilité politique qui s’ensuit dans l’espace européen, et les transformations des structures politiques (et des instruments intellectuels pour les penser) qui épousent l’émergence des sociétés industrielles contemporaines.


 
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants pour bien l'appréhender ?


Le principal conseil qui doit accompagner la lecture de ce livre, et qui vaut sans doute pour tout manuel de philosophie, est de bien le prendre, justement, pour un manuel – et rien de plus ! – c’est-à-dire : un outil, un moyen d’entrer dans des œuvres non ou peu connues, un instrument pour s’orienter dans des types de problème et d’argumentation auxquels on n’est pas accoutumé, bref un ensemble de repères formant quelque chose comme une carte dont on se munit pour entrer dans une terre peu familière ou inconnue.

Disons-le autrement : il convient de chercher dans ce livre, non un substitut des ouvrages dont il parle, mais au contraire une invitation – et, nous l’espérons, une incitation – à aller lire ces ouvrages par soi-même, à s’exposer personnellement à leur finesse, à se risquer à leur complexité, pour devenir peu à peu sensible aux audaces de pensée qu’ils recèlent et que l’on ne voyait pas au premier abord. Les citations dans le corps du livre, les bibliographies sélectives en fin de chapitre, l’anthologie de textes accessibles sur le site des PUF (textes pour la plupart évoqués dans le manuel) sont spécialement faites à cette fin. Elles doivent rappeler que ce manuel n’offre pas une compilation de résumés qui permettraient de faire l’économie d’une confrontation directe aux grandes œuvres de l’histoire de la pensée politique contemporaine, mais bien au contraire, qu’il ne fait qu’entrouvrir des portes, des chemins, sur autant de découvertes intellectuelles. La curiosité pour de telles découvertes, la joie qu’elles procurent, l’obstination qu’il faut parfois pour surmonter les difficultés auxquelles elles nous exposent (comment en irait-il autrement, puisqu’il s’agit de créer en nous de nouvelles manières de penser ?), restent de puissants mobiles de l’activité philosophique. Il n’y a aucune raison pour qu’ils ne soient pas aussi le plaisir d’un étudiant dès ses premières années à l’université.


À qui enseignez-vous cette année ?


Mes enseignements, cette année, s’adressent, d’une part à des étudiants en master et en doctorat de philosophie (ENS Ulm), d’autre part, à des étudiants candidats au concours de l’Ecole Nationale de la Magistrature (IEJ-Paris 2)


Quels conseils donneriez-vous aux étudiants pour réussir leur rentrée ?


La rentrée universitaire peut être un moment déstabilisant : reprise du rythme des cours hebdomadaires, multiplication de nouveaux sujets de réflexion, de nouvelles incitations de travail et de lecture (de nouvelles têtes aussi !). Le premier conseil – une évidence sans doute – est d’aborder égalitairement chaque cours, de ne pas en négliger un (ou davantage…) en se fiant au vœu pieux d’un rattrapage ultérieur, donc de trouver aussi tôt que possible un équilibre dans le temps consacré aux différentes UE, pour la relecture des cours, le travail en bibliothèque et la lecture des ouvrages conseillés.


Il importe également, et c’est là encore un conseil commun, d’identifier le plus tôt possible, dès les premières semaines, les lacunes éventuelles qu’il convient de combler (on les reconnaît notamment au ton du bien-entendu-bien-connu qu’adopte le prof évoquant tel point doctrinal majeur d’un auteur, que l’on ne « maîtrise » pas forcément), et qui sinon peuvent compromettre la compréhension des choses auxquelles le cours est spécifiquement consacré. Toutes les questions et demandes d’élucidation aux enseignants sont ici plus que bienvenues, pour qu’un petit retard en début d’année ne produise pas de grosses difficultés en fin de semestre.


À ces différents égards enfin, et ce dernier conseil vaut non seulement pour la rentrée mais pour toute l’année universitaire, un moyen à la fois plaisant et efficace de travailler peut être de s’associer en petits groupes (fions-nous simplement aux affinités qui s’ébauchent en début d’année), non seulement pour partager les tâches de lecture et de fichage des commentaires et autres « littératures secondaires », mais également pour relire ensemble les cours, s’expliquer mutuellement les points restés obscurs à tel ou tel, mettre au jour collectivement les difficultés subsistantes (qui devront alors faire l’objet de question en cours), etc. À procéder ainsi, bien des choses peuvent trouver à s’éclairer, confirmant le fait qu’on ne pense jamais seul, et qu’on apprend mieux à plusieurs.

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L'auteur

Guillaume Sibertin-Blanc

 

Agrégé de philosophie, Guillaume Sibertin-Blanc est chargé de cours à l’Université Lille III. Il travaille actuellement sur la philosophie politique contemporaine en France dans les années 50-80 et prépare la parution de plusieurs ouvrages sur la philosophie pratique et la pensée politique de Gilles Deleuze.

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