langues : anglais
Méthodologies
Extraits
« II. La culture générale
Les conseils qui suivent ont pour ambition d'attirer votre attention sur ce qui vous permettrait d'optimiser votre formation de spécialiste dans une discipline particulière.
Contrairement à ce que semble impliquer la logique de la spécialisation relative du premier cycle, qui vous engage à limiter votre formation à un domaine universitaire particulier dans les sciences humaines, il s'agit ici de vous montrer l'intérêt véritable d'une formation plus générale aux connaissances des sciences humaines. Plus précisément, vous trouverez trois types de conseils : un propos attirant votre attention sur la nécessité d'acquérir une culture générale de spécialiste, un état des lieux des moyens disponibles pour acquérir cette culture générale et enfin des conseils pour articuler la culture générale à un domaine de spécialisation.
Il faut tout d'abord dépasser le paradoxe de l'expression « culture générale de spécialiste » en prenant en compte le fait que la spécialisation dans un cursus particulier des sciences humaines ne signifie nullement qu'il ne faut posséder que les connaissances de ce domaine. Tout au contraire, la méthode et les connaissances spécifiques d'un domaine n'ont de pertinence qu'en se situant par rapport aux autres domaines, c'est-à-dire en s'aidant des apports des autres domaines afin de mieux comprendre la spécificité de celui que l'on a choisi et la façon dont il recoupe les autres et interagit avec eux.
Il est ensuite nécessaire de posséder des outils pour acquérir cette culture générale de spécialiste, ce pourquoi vous trouverez ici un état des lieux des moyens disponibles pour acquérir une culture générale. Cet état des lieux n'a pas pour ambition d'être exhaustif, mais a non seulement pour but de vous indiquer un certain nombre d'outils de travail, mais surtout de vous sensibiliser aux moyens de le faire, afin de vous rendre autonome dans votre recherche des moyens adéquats en fonction de votre domaine.
Enfin, vous trouverez ici des indications de travail pour articuler la culture générale à votre domaine de spécialisation. Là encore, il serait vain de vouloir vous fournir un état des lieux des méthodes qui servent à cette articulation. C'est la raison pour laquelle les conseils ici prodigués auront pour but de vous familiariser avec une manière de procéder qui se veut commune aux différents domaines. »
Méthodologies. Première partie - Approche générale, Chapitre 2 - La culture générale, pages 35 et 36.
« 2- Les exercices oraux
a – L'explication d'un article de presse
L'exercice consiste à rendre compte d'un article extrait de la presse germanophone récente après vingt à trente minutes de préparation. L'exposé doit être clairement structuré et comporter un résumé et un commentaire, ainsi qu'une introduction et une conclusion. Vous disposez en général d'un temps de parole de vingt minutes1, l'exposé étant habituellement suivi d'un bref entretien.
• L'introduction
Compte tenu de la durée générale de l'exposé, l'introduction ne doit (et ne peut) être longue. Allez à l'essentiel ! Indiquez la source et la date de parution du texte, ainsi que son thème principal. En revanche, à la différence des textes littéraires, il n'est pas indispensable de citer le nom de l'auteur de l'article, à moins qu'il ne s'agisse d'une personnalité.
Inutile de rédiger ces phrases : hormis le fait que recopier ces informations vous fait perdre quelques précieuses minutes pendant la préparation, l'amorce de l'exposé doit faire partie de vos automatismes. Il suffit pour cela de mémoriser le plus tôt possible les tournures introductives.
This article is extracted from The Guardian of June 20th, 2007./…is an excerpt of…, dated of June 20th, 2007.
• Le résumé
Il doit rendre compte de l'ensemble des idées du texte, sans en écarter aucun aspect, et doit pouvoir être compris par quelqu'un qui n'a pas lu le texte. Attention à ne pas tomber dans les extrêmes : ni style télégraphique ni paraphrase.
• Le commentaire
La partie principale de l'exposé reste le commentaire, qui devrait constituer la moitié, voire les 2/3 de l'exposé. Est alors évaluée l'aptitude du candidat à replacer le sujet dont traite le texte dans une problématique plus vaste, la plupart des thèmes ayant été abordés dans l'année (actualité franco allemande, franco-anglaise ou internationale, sujets de société…) et leur vocabulaire étant supposé connu. Malheureusement, le commentaire se limite souvent à quelques phrases très générales, faute d'avoir pu vraiment être préparé.
Rappelons que l'oral de langue ne saurait nécessiter uniquement des compétences linguistiques. Un minimum de culture générale et de connaissance des grands sujets d'actualité est évidemment déterminant pour l'analyse d'un article de presse.
Ce conseil est également valable pour l'explication de textes de presse et pour l'essai : ne mettez pas entre parenthèses votre culture générale sous prétexte que vous planchez sur un exercice en langue étrangère. Bien au contraire : les compétences linguistiques ne sauraient suffire à elles seules, et il est essentiel de posséder une solide culture générale sur le pays considéré et, plus largement, sur le contexte international.
Un minimum de connaissances sur la géographie de l'Europe évite par exemple de regrettables confusions. Ainsi ce candidat qui, lors d'un oral d'allemand, expliquait l'importance de la communauté turque en Allemagne par l'argument désastreux que la Turquie et l'Allemagne étaient des pays… limitrophes. »
Méthodologies. Deuxième partie - Les méthodes par discipline, Langues vivantes, pages 163 et 164.
Tous les ouvrages

Né en 1978, Johann Chapoutot est maître de conférences à l'Université Grenoble II. Il mène des recherches résolument pluridisciplinaires, publiant en histoire comme en lettres ou en philosophie. On peut dire de l'histoire ce que Pascal pensait de l'univers : son centre est partout, sa circonférence, nulle part.
Spécialiste d'histoire culturelle et politique, germaniste et germanophone, il s'intéresse particulièrement à l'Allemagne contemporaine, à laquelle il a consacré son travail de thèse. Enseignant et chercheur, il accorde une grande importance à la transmission des savoirs dans le cadre de ses fonctions universitaires comme dans celui, plus informel, de conférence visant un plus large public.
Agrégé de philosophie, Geoffroy Lauvau est ATER à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) et membre de l'Observatoire européen des politiques universitaires (OEPU).
Spécialisé en philosophie politique et éthique, il achève actuellement un doctorat qui réfléchit à la confrontation entre la rationalité économique et la logique d'organisation de l'institution universitaire.

